E ora l’Italia punti sulla crescita, con il sostegno di Francia e Spagna

Europe : Renzi et Hollande veulent élargir le cercle

Articolo di Virginie Riva su Le Journal du Dimanche del 29 giugno 2014

L’ancien patron italien de la Commission européenne, Romano Prodi, commente en exclusivité les résultats du sommet de Bruxelles qui a “réorienté” l’Europe vers plus de croissance.

Matteo Renzi compte bien utiliser la séquence des six mois de la présidence italienne, qui démarre ce lundi, pour renforcer son influence en Europe. Et même au-delà : Barack Obama en personne lui a téléphoné à la veille de l’ouverture du Conseil européen de jeudi pour lui dire toute l’attention qu’il portait aux réformes ambitieuses promises aux Italiens. Le semestre de présidence italienne arrive au moment où l’Union vient de fixer un cap pour le nouveau président de la Commission Jean-Claude Juncker. Et c’est là la chance de Renzi. L’ex-président de la Commission européenne Romano Prodi le confie en exclusivité pour le JDD : “L’Italie a, pendant ce semestre, un vrai pouvoir de médiation et de proposition pour décider de l’agenda européen parce que nous sommes face à un vrai choix de politique économique.” Le jeune président du Conseil entend peser de tout son poids avec un discours de relance de la croissance, soutenue par des réformes structurelles accélérées, notamment en matière de justice, de réforme de l’administration publique et du marché du travail.

Convaincre aussi l’Espagne et le Portugal

Mais le Florentin a pourtant deux handicaps majeurs, comme le rappelle Franco Frattini, l’ancien chef de la diplomatie de Silvio Berlusconi et ex-vice-président de la Commission européenne : “La marge de manœuvre de Renzi est limitée par le poids de la dette publique italienne et du fait que les réformes qui ont été annoncées n’ont pour l’instant pas été appliquées.” Après avoir parlé d’une réforme par mois, Renzi a réclamé 1.000 jours, devant le Parlement, mardi dernier. Horizon mai 2017, donc, jusqu’à la fin de la législature italienne. Il dispose pourtant d’un délai court tant les attentes en Italie comme en Europe sont élevées. La dette est également un problème structurel de l’Italie, qu’il ne partage pas avec son nouvel allié, la France, plutôt championne du déficit public.

Reste la question de ses soutiens. L’Italie veut être un pivot du jeu européen. L’axe Rome-Paris est précieux pour négocier plus de flexibilité et imposer un consensus sur la croissance comme nouvelle priorité de l’UE. “Avec Paris, on a une entente sur tout”, souligne au JDD Sandro Gozi, l’actuel sous-secrétaire d’État aux Affaires européennes de Matteo Renzi… Et l’Italie de centre-gauche entend bien convaincre l’Espagne conservatrice de la validité des options défendues par Rome et Paris. “L’Espagne? Elle a été plus en retrait. Mais elle devrait être sur la ligne proposée par Paris et Rome notamment sur la croissance et le chômage”, ajoute Gozi. Comment Romani Prodi pourrait-il ne pas se reconnaître dans cette ambition? “Cela fait un an que j’insiste sur ce point! Il n’y a pas d’alternative! Si l’on veut mener une politique attentive aux pays qui ont souffert de la crise et du chômage, je pense notamment à la France, l’Espagne, au Portugal, il est important d’avoir une proposition commune.”

“Sophia Loren et Napoléon en même temps”

Pour accroître son influence, Renzi aura également besoin d’Italiens à des postes clés : il a proposé de placer Federica Mogherini, sa ministre des Affaires étrangères, au poste de représentante de la politique étrangère commune. L’Italie sera-t-elle alors en mesure de bousculer l’Europe? Devant le Parlement, mardi, Renzi n’a pas mâché ses mots quant au manque de solidarité européenne sur le dossier crucial de l’immigration : “Si on doit s’entendre dire : ‘le problème ne nous regarde pas’, on répondra : ‘gardez votre monnaie, mais laissez-nous nos valeurs’.”

Filippo di Robilant, ex-conseiller d’Emma Bonino qui dirigeait les Affaires étrangères sous Enrico Letta et qui fut remerciée par Renzi, persifle : “Même si Renzi croit être Sophia Loren et Napoléon en même temps, il faut avoir les idées claires, connaître les mécanismes et avoir une grande capacité de médiation.” Une critique à peine voilée du manque d’expérience de l’ancien maire de Florence. Mais Renzi a pour lui d’être un excellent stratège et un grand orateur politique. À lui de démontrer maintenant, plus seulement à domicile mais sur la complexité de la scène européenne, tout son art.

 

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