Prodi boude le monde des affaires pour enseigner en Chine

Prodi boude le monde des affaires pour enseigner en Chine

Par D’Arcy DORAN

SHANGHAI (Chine), 17 mars 2010 (AFP) – Romano Prodi s’est vu  proposer des sièges dans des conseils d’administration et même de conduire un projet d’oléoduc, mais l’ancien président de la Commission européenne et ex-Premier ministre italien a préféré enseigner en Chine.

De nombreuses possibilités se sont présentées à Romano Prodi, 70 ans, depuis qu’il a pris sa retraite en 2008 après deux mandats à la tête du gouvernement italien, encadrant ses cinq ans à la présidence de la Commission. Certaines auraient été très lucratives, notamment l’offre de  Vladimir Poutine: devenir président de South Stream, un projet d’oléoduc entre le russe Gazprom et l’italien Eni.

Prodi n’en a accepté aucune, “par choix”. “J’ai expliqué à Poutine qu’il était mieux qu’un ancien responsable politique ne travaille pas dans un projet qu’il a aidé à prendre forme, pendant sa carrière politique”, dit-il lors d’un entretien avec l’AFP.

“Je ne voulais pas partir dans les affaires”, ajoute-t-il. Le choix contraire a valu des accusations de conflits d’intérêt potentiels à l’ancien chancelier allemand Gerhard Schroeder, peu après sa démission en 2005, quand il a accepté un siège au conseil d’administration d’un oléoduc russo-allemand dont il avait lui-même
signé l’acte de naissance avec Poutine.

D’autres encore ont pris le chemin des affaires après une carrière politique, comme l’ancien chef du gouvernement britannique Tony Blair, qui a multiplié les contrats — conseiller d’un assureur suisse, d’une banque américaine, conférencier grassement payé…

Romano Prodi, lui, a attaqué cette semaine une série de conférences prévues sur une année à la China Europe International Business School (CEIBS), dans le quartier financier de Shanghai. “Des nombreux emplois que j’ai eus au cours de ma vie, celui-ci a été mon meilleur choix”, assure le septuagénaire. “C’est plus approprié pour un ancien homme politique. Il n’y a rien de mal à faire de l’argent mais c’est un choix différent. Si j’avais voulu l’argent j’aurais dû accepter l’offre de Poutine”, dit-il en riant.

A ses yeux CEIBS, a un autre avantage: l’école, classée parmi les 30 meilleures au monde par le Financial Times, contribue à jeter des ponts entre la Chine, troisième économie mondiale, et l’occident. Précieux pour “la paix, le développement, l’avenir”.

“La Chine n’est pas seulement dans un processus de changement économique mais dans un processus de changement total”, affirme l’ancien dirigeant.

Après 27 ans de visites régulières en Chine, il a bien l’intention de continuer, en restant toutefois domicilé à Bologne, en Italie, où il a commencé sa carrière académique en 1966 en enseignant les sciences politiques.

Ses conférences doivent être axées sur l’UE, son fonctionnement et la vision européenne de la Chine, mais le programme exact n’a pas été arrêté, ni le nombre de ses interventions.

En avril, Romano Prodi quittera la Chine pour les Etats-Unis, et notamment l’université Brown de Rhode Island, où il a un contrat de cinq ans. Il sera de retour en mai dans ses terres pour une conférence sur le développement en Afrique, co-organisée par sa fondation et l’université Johns Hopkins.

Puis retour à Shanghai: “c’est une ville incroyable. Le rythme du changement à Shanghai, sa vitesse, est sans comparaison”. “Pas Los Angeles, pas New York ou Londres, ni Paris … Shanghai c’est un grand creuset de choses nouvelles qui arrivent”.
dd-jg/pt/dfg

AFP 171009 GMT MAR 10

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Dati dell'intervento

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Categoria
marzo 18, 2010
Estero